Arthrose et collagène, que dit la recherche ? - Minizap Grenoble
Santé

Arthrose et collagène, que dit la recherche ?

De nombreux compléments alimentaires à base de collagène assurent soulager les douleurs articulaires et même soigner l'arthrose. Pourtant, en l'état des connaissances scientifiques actuelles, ces promesses alléchantes semblent être exagérées, voire trompeuses.

« Tonicité de la peau et soin des articulations », « aide à retrouver un confort articulaire », « pour soutenir la santé de vos articulations », « contribue à une meilleure souplesse articulaire », « pour nourrir de l'intérieur votre peau, vos cheveux et vos ongles », « prévient l'inconfort articulaire », « idéal pour : rides, ridules, cicatrices, lésions de la peau, vergetures post-partum, ongles fragilisés et cheveux ternes, confort articulaire »« pour une peau plus ferme, des cheveux brillants, des ongles plus forts, des articulations mobiles »… Les marques de compléments alimentaires ne font que vanter les bienfaits du collagène sur notre corps. Promu comme remède miracle permettant de rajeunir la peau, il serait également efficace pour les articulations et pour lutter contre l'arthrose. Mais qu'en est-il vraiment ? Que dit la science à ce sujet ? Voici quelques pistes de réflexion.

Une idée de base cohérente

Étymologiquement parlant, le mot collagène signifie « colle ». Il s'agit d'une protéine abondante et essentielle dans le corps humain qui est dite structurale et anti-inflammatoire : elle compose et soutient les tissus conjonctifs, la peau, les os, les ligaments, les tendons ou encore le cartilage, tout en assurant leur élasticité, leur souplesse, leur robustesse, leur cohésion ou leur tenue. Dans une articulation, le cartilage, recouvrant les extrémités des os et réduisant les frottements liés aux mouvements est donc constitué de collagène. Or, la production naturelle de cette protéine diminue avec l'âge.
Parallèlement, l'arthrose est une maladie articulaire chronique liée à l'usure et à l'altération du cartilage, ce qui entraîne des douleurs, du raidissement et de la perte de mobilité. Vieillissement, utilisation excessive des articulations, obésité ou encore facteurs héréditaires peuvent causer ces rhumatismes.
L'idée est alors, pour restaurer les propriétés du cartilage dégradé et stimuler la production de collagène ou lutter contre les formes d'inflammations de la maladie, de se supplémenter en collagène par le biais de compléments alimentaires – créés à partir d'arêtes, d'os et de peaux de bœuf, de porc ou de poisson.

Des preuves limitées

Sur le principe, l'idée paraît cohérente. Néanmoins, un point fondamental vient obscurcir le tableau : l'absence de données scientifiques rigoureuses, systématiques et sérieuses concordantes. Ainsi, dans les recherches conduites, « il existe une grande hétérogénéité en ce qui concerne la conception et le design des études, avec des échantillons de participants souvent très faibles, sans prendre en compte de potentiels facteurs de confusion et/ou sans comparaison des effets du produit à base de collagène avec ceux d'un placebo », explique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur son site internet, ajoutant que ces études ne donnent aucune posologie et ne suivent pas les patients sur le long terme. Un avis partagé par l'UFC-Que Choisir dans son récent article sur Les fausses promesses du collagène.
D'ailleurs, dans une recherche sur l'efficacité analgésique du peptide de collagène dans l'arthrose du genou, publiée en 2023 dans le Journal de chirurgie et de recherche orthopédiques, les auteurs ont conclu, malgré un soulagement de la douleur chez les patients ayant reçu le fameux collagène, que leurs essais « ont été considérés comme présentant un risque de biais élevé », nécessitant ainsi de plus amples contrôles avant de confirmer ces résultats.
De plus, le collagène n'est pas assimilable directement dans le corps, il doit d'abord être dégradé en acides animés. Ces derniers pourront « certes intervenir dans la construction de collagène mais aussi de nombreuses autres protéines », détaille l'Inserm.
Les résultats de ces études ne semblent donc aujourd'hui pas suffisamment concluants pour affirmer que le collagène aiderait à lutter contre l'arthrose ou à prévenir des maladies articulaires.

Du marketing à outrance ?

Particulièrement présentes sur les réseaux sociaux et dans les médias, les marques des compléments alimentaires usent et abusent de la tendance, présentant souvent le collagène comme un remède miracle. Pour l'UFC-Que Choisir, ces manœuvres sont d'autant plus problématiques et malhonnêtes qu'elles induisent en erreur en détournant le langage scientifique pour se donner plus de poids et de crédibilité, voire parfois en mentant en se référant à des essais cliniques imaginaires ou même en inventant des certificats de conformité d'institutions qui n'existent pas. En outre, les entreprises parlent généralement de collagène de manière générique, quand bien même il en existerait 28 types différents, une source de confusion supplémentaire pour les consommateurs selon l'Inserm.

M.G
Photos liées à l'article
© iStock / City Presse
© iStock / City Presse
© iStock / City Presse
Santé

Adolescents : quelle prise en charge ?

L'adolescence est une période de transition qui s'accompagne de nombreux changements tant sur le plan physique que psychologique. C'est pourquoi l'Assurance maladie permet un suivi de santé et une prise en charge avec des modalité...
Lire la suite
Adolescents : quelle prise en charge ?
Santé

Les télétravailleurs plus touchés par la détresse psychologique au travail

Si la santé mentale des salariés français semble se stabiliser, la situation reste néanmoins préoccupante pour plusieurs catégories d'entre eux, dont les télétravailleurs. C'est du moins ce que met en exergue la 13e édition du bar...
Lire la suite
Les télétravailleurs plus touchés par la détresse psychologique au travail
Santé

Une prévention plus intensive contre la bronchiolite

Infection causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), la bronchiolite est une maladie qui touche chaque année 30 % des enfants de moins de 2 ans. Si, dans la plupart des cas, elle guérit spontanément au bout d'une dizaine de...
Lire la suite
Une prévention plus intensive contre la bronchiolite