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Une mise à jour salutaire se met en place pour le clavier azerty

Le clavier azerty n'a jamais pleinement satisfait les utilisateurs francophones ni rendu hommage à la richesse de nos langues régionales. Sous l'impulsion du ministère de la Culture et chapeauté par l'Association française de normalisation (Afnor), un collectif de professionnels a travaillé sur une nouvelle norme moins contraignante. Celle-ci vient d'entrer en vigueur.

« Il est presque impossible d'écrire en français correctement avec un clavier commercialisé en France ». Cette sentence sans appel provient du ministère de la Culture. Un soubresaut de plus dans la longue histoire du clavier, régulièrement émaillée de critiques véhémentes. Depuis son apparition, à la fin des années 1860, le qwerty, itération anglo-saxonne de notre célèbre azerty, s'est imposé avec la naissance des machines à écrire grand public. Il fut pensé, dès l'origine, pour éviter aux tiges de celles-ci de se coincer les unes avec les autres en cas de frappe trop rapide. Les lettres les plus utilisées ont ainsi été écartées pour éviter tout blocage mécanique. Or, l'avènement du numérique aurait dû lever cette contrainte physique et permettre l'apparition d'autres répartitions des touches. Nos chers claviers ont donc été pensés pour être structurellement lent. Pire, la version azerty, censée prendre en charge les accents et caractères propres au français, ne remplit que très partiellement sa mission. Ces signes spéciaux restent très difficiles d'accès, notamment les majuscules accentuées ou les « Ç ». Près de 30 % des touches sont ainsi mal placées. Pour écrire quelques mails ou surfer sur internet, ce n'est pas bien grave. Mais les professionnels de la frappe sont ainsi confrontés depuis longtemps à deux problèmes d'importance : l'inefficience grève leur productivité et le positionnement volontairement éloigné des touches les plus utilisées peut entraîner des pathologies des mains et des bras. De plus, le clavier actuel ne favorise pas le respect d'une langue déjà bien mise à mal par l'ère numérique.

Deux normes pour le prix d'une

Sous l'égide de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, le ministère de la Culture a donc décidé de soutenir la création de l'Association française de normalisation. De nombreux professionnels ont été réunis afin d'établir une nouvelle norme plus en accord avec les spécificités du français et des langues régionales. Le projet, lancé en 2015, avait plusieurs objectifs. En premier lieu, il s'agissait d'homogénéiser le parc de claviers informatiques en France et notamment de réduire les disparités dans la disposition des caractères entre différents fabricants de matériels et de systèmes d'exploitation. Dans un second temps, il convenait d'améliorer l'ergonomie du clavier pour la saisie du français tout en s'inscrivant dans la continuité des dispositifs existants de façon à proposer une évolution facile à intégrer pour les utilisateurs intéressés. Ensuite, il fallait permettre la saisie de l'ensemble des caractères des langues régionales de France ainsi que celle de l'ensemble des caractères des langues à alphabet latin présentes sur le continent européen, avec comme priorité les caractères usuels des grandes langues de communication en Europe telles que l'allemand, l'espagnol ou le portugais. Enfin, la nouvelle norme devait rendre plus accessibles de nouveaux jeux de caractères et symboles pouvant être utiles lors de la rédaction de documents spécifiques ou techniques (lettres de l'alphabet grec, symboles mathématiques par exemple).
Outre les professionnels, l'Afnor a reçu plus de 3 000 propositions venues du grand public. Il en est ressorti deux normes qui viennent d'entrer en vigueur et qui s'adressent, sans obligation, aux fabricants. La première rend compte d'une version améliorée de l'azerty. Plus de 90 % des touches restent inchangées, mais les majuscules accentuées et les caractères spéciaux comme certains caractères de ponctuation sont bien plus accessibles. L'autre intronise le clavier bépo, comme version officielle. Cet agencement des touches est bien connu des adeptes de la dactylographie car il s'agit, à ce jour, de la disposition la plus ergonomique et la plus efficace pour la saisie du français, mais aussi pour d'autres langues européennes basées sur l'alphabet latin et pour la programmation. Reste à savoir si les usagers se feront à ce nouveau clavier, clé du succès de ces nouvelles normes.
Pour savoir si un clavier est compatible, il suffit qu'il porte la mention NF Z71-300. Les dispositions des touches sont accessibles sur le site http://norme-azerty.fr.

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