Après un long délai, Meta déploie enfin son IA conversationnelle dans 41 pays européens. Directement intégrée à Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger, cette version spécialement adaptée aux exigences réglementaires européennes offre moins de fonctionnalités qu'outre-Atlantique, mais davantage de garanties pour la protection des données personnelles.
Après des mois d'attente et d'ajustements réglementaires, Meta vient finalement de lancer son assistant d'intelligence artificielle en France et dans une quarantaine d'autres pays européens. Baptisé sobrement Meta AI, cet outil conversationnel s'intègre directement aux applications phares du géant californien - Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Un an après son déploiement aux États-Unis, les utilisateurs européens peuvent désormais dialoguer avec cette IA générative capable de répondre à leurs questions, proposer des idées ou approfondir des sujets d'actualité.
Déploiement prudent
Le déploiement de Meta AI en Europe s'est fait par vagues successives depuis plusieurs semaines. Cette stratégie prudente reflète la complexité d'un lancement sous haute surveillance réglementaire. Contrairement à la version américaine qui offre des fonctionnalités multimédias complètes, l'incarnation européenne de Meta AI se limite pour l'instant à la génération de textes, sans possibilité de créer des images ou d'autres contenus visuels. Cette différence majeure résulte directement des exigences des régulateurs européens, particulièrement vigilants sur les questions de propriété intellectuelle et de manipulation de contenus. Disponible en six langues européennes, dont le français, l'assistant vise néanmoins à s'imposer comme un compagnon numérique du quotidien, capable de répondre à une multitude de requêtes directement au sein des applications que des milliards d'utilisateurs consultent chaque jour.
Intégration dans les réseaux sociaux
L'intégration de Meta AI dans l'écosystème des applications Meta a été pensée pour être aussi intuitive que possible. Sur WhatsApp, l'invocation de l'assistant se fait simplement en tapant « @MetaAI » dans n'importe quelle conversation, suivi de la question ou de la requête. Sur Instagram, Facebook et Messenger, un cercle bleu caractéristique apparaît dans l'interface des discussions, offrant un accès direct à l'intelligence artificielle. Cette approche permet d'intégrer l'IA directement dans le flux naturel des conversations, sans nécessiter l'installation d'applications supplémentaires ou la création de nouveaux comptes. L'assistant peut alors répondre aux questions, suggérer des idées pour un voyage, approfondir un sujet d'actualité ou même participer à des échanges humoristiques, le tout en restant dans l'environnement familier des applications sociales que les utilisateurs européens fréquentent quotidiennement.
Méta a joué le jeu des données personnelles
Face au cadre réglementaire strict imposé par le RGPD, Meta a dû adopter une approche fondamentalement différente pour son IA en Europe. L'entreprise a pris la décision inhabituelle de ne pas utiliser les données des utilisateurs européens pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle. Cette concession majeure, annoncée publiquement, vise à apaiser les craintes des régulateurs et à garantir une conformité totale avec les exigences de protection des données personnelles. Meta AI est conçue pour ne pas accéder aux messages privés des utilisateurs, se contentant d'utiliser les informations partagées publiquement et préalablement dépersonnalisées. La fonctionnalité de «mémoire » qui permet à l'assistant de se souvenir des préférences individuelles est également limitée aux conversations individuelles et peut être désactivée à tout moment. Dans les groupes, cette personnalisation est automatiquement restreinte pour préserver la confidentialité de tous les participants. Cette approche prudente représente un défi technique considérable pour Meta, qui doit jongler entre les attentes des utilisateurs en matière de personnalisation et les contraintes réglementaires européennes, bien plus strictes que celles en vigueur aux États-Unis.