Jardin

Quand l'été se termine, les boutures semi-ligneuses commencent

Lorsqu'à la fin du mois d'août les chaleurs estivales retombent, la période s'avère propice au bouturage « semi-aoûté ». Une technique qui permet de multiplier les plantes non herbacées à partir des jeunes rameaux de l'année sans frais et sans limite de quantité.

À chaque période de l'année, sa technique de bouturage. Entre le délicat mais très rapide bouturage herbacé de printemps et le long mais plus aléatoire bouturage à bois sec (ou dormant) d'hiver, vient timidement s'insérer la bouture semi-ligneuse (ou semi-aoûtée). Un entre-deux qui cumule les avantages de l'un et de l'autre, et offre des taux de réussite remarquables. Bref, à la fin du mois d'août pour le jardinier, les vacances, c'est fini et la bamboche, c'est terminé.

Tour de magie botanique

Le bouturage peut être comparé au clonage puisqu'il reproduit au gène près les caractéristiques de la plante d'origine : couleurs de feuillage ou de fleurs, gabarit ou propriétés des fruits, port, vigueur… C'est un mode de reproduction végétative qui permet, à partir du simple bout de rameau d'une plante mère, de multiplier les végétaux à l'envi. Elle est tout indiquée pour créer une longue haie à moindres frais, mais aussi pour reproduire une espèce ou une variété que l'on souhaite introduire dans son jardin.

Un point de bascule

De mi-août à mi-septembre, la période est propice au bouturage des plantes ligneuses. Après la fin des chaleurs estivales qui ont provoqué une pause dans leur développement, le redoux induit un regain de circulation de la sève qui va stimuler la croissance des boutures. Dans le même temps, les jeunes tiges apparues au printemps arrivent à un stade charnière qui leur vaut d'être qualifiées de « semi-ligneuses » ou « semi-aoûtées ». Leur écorce passe du vert au marron, et leurs tiges du souple au dur. Ce sont là deux éléments qui marquent une phase favorable à l'émission des radicelles. De plus, le radoucissement des températures ainsi que le retour de l'humidité nocturne facilite la gestion des boutures.

Prélèvement à la source

La bouture, c'est le morceau de rameau que l'on prélève sur la plante mère. Coupez des tiges semi-aoûtées de vingt centimètres, en veillant à ce qu'elles ne soient pas en fleur. Supprimez la partie finale de la tige, trop souple, ainsi que toutes les feuilles sauf les deux dernières à l'extrémité supérieure. Si celles-ci sont très grandes, coupez-les en deux afin de limiter l'évapotranspiration. La partie basse, où va se produire l'enracinement, doit être coupée sous un départ de feuille, car c'est l'endroit où les hormones de croissance, les auxines, se concentrent et où l'émission de radicelles est donc la plus spontanée.

1, 2, 3… bouturez !

Si certaines plantes peuvent être bouturées en plaçant simplement leurs tiges dans l'eau, mieux vaut planter vos boutures dans des pots remplis avec un terreau drainant que vous veillerez à garder humide en permanence. C'est globalement plus efficace. Pour encourager la reprise, vous pouvez enduire le bas de la tige d'une hormone de bouturage, en particulier pour les espèces rétives à la reprise, comme le rhododendron ou le magnolia.

Faites-le vous-même

Le recyclage des bouteilles en plastique d'eau minérale vous permet de confectionner des mini-serres très utiles pour augmenter le taux d'humidité ambiante autour des boutures, un gage de réussite de l'opération. Les adeptes du DIY et les jardiniers pingres peuvent remplacer l'hormone de croissance du commerce en arrosant leurs boutures avec de l'eau de saule, une mixture riche en auxines, à confectionner à partir de boutures de rameaux de saules.

Plante ligneuse, késako ?

Les plantes ligneuses produisent de la lignine afin de solidifier leurs tiges qui durcissent et se parent d'écorce en vieillissant. Il s'agit des arbres, des arbustes, des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux.

Benoit Charbonneau
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