Jardin

Le noyer est-il vraiment un arbre sous lequel rien ne pousse ?

Au village, sans prétention, le noyer a mauvaise réputation. On dit que sous lui rien ne pousse. La faute à qui ? La juglone, une substance herbicide qu'il sécrète depuis la feuille jusqu'aux racines. Ainsi, on ne pourrait rien planter dans ses parages ? N'allons pas si vite en besogne.

Depuis l'Antiquité on lorgne d'un œil suspicieux sur le noyer, grand et généreux pourvoyeur de fruits secs, eut égard à sa potentielle toxicité. Pauvre noyer, qui serait à la fois nocif pour les humains, les animaux et les plantes qui viendraient à séjourner sous son ombrage. Le nom de son fruit en porte d'ailleurs les stigmates : en latin, le mot noix se dit « nux », tiré de « nocere », qui signifie nuire. Tout est dit !

Tout pour déplaire

Les noyers font partie de la famille des juglandacées, comme les pacaniers, dont l'une des particularités est de synthétiser de la juglone. Ce composé chimique (C10H6O3 pour les intimes), aux propriétés allélopathiques, inhibe la germination des graines et entrave la croissance des autres végétaux en obstruant leurs canaux de respiration, gênant par là même l'accomplissement de la photosynthèse. Ajoutons à cela les petits désagréments habituels causés par les grands arbres aux plantes qui poussent à leur pied : ombre froide, raréfaction de la lumière et présence d'un vaste réseau racinaire préemptant l'eau et les nutriments du sol.

La feuille, bouc émissaire

Chez le noyer, tout transpire la juglone : feuille, écorces, brou et racines. Cela dit, il faut nuancer. Les espèces les plus richement dotées sont le noyer noir et le noyer cendré, qui sont assez peu répandus sur notre territoire. Notre noyer commun (Juglans regia) en est finalement assez peu pourvu. Au niveau des feuilles, ce sont les plus jeunes qui sont les plus concentrées. Les anciennes, et plus encore les mortes qui tombent sur le sol, en contiennent nettement moins, d'autant que leur décomposition naturelle fait disparaître la substance en quelques semaines. Si bien qu'un ramassage en règle, suivi de deux à trois mois de précompostage, les lave de tout soupçon de nocivité.

Les racines au cœur du problème

En réalité, ce sont les racines qui sont le principal vecteur de la juglone, par le biais de leurs exsudats souterrains, avec lesquels les racines des autres végétaux peuvent entrer en contact. Leur effet est décuplé dans les sols trop argileux ou mal drainés, car la juglone circule très facilement dans l'eau. Quand on sait que les racines d'un grand noyer peuvent s'étendre bien au-delà sa frondaison, on comprend le mal qu'il peut causer autour de lui.

En toute logique

Quelques enseignements peuvent être tirés des lignes qui précèdent. Pour commencer, évitez les semis d'automne sous la ramure du noyer qui perd ses feuilles. Surélevez également les cultures sur des buttes ou dans des carrés, afin de soustraire les racines des plantes cultivées au voisinage immédiat de celles de l'arbre. Collectez les feuilles mortes pour constituer un paillage anti-germination, à réutiliser dans les zones à protéger des herbes indésirables. Enfin, il existe des dizaines de plantes tolérantes à la juglone (anémones, clématites, forsythia, hémérocalles, heuchères, hostas…) à privilégier sous un noyer et d'autres bien plus sensibles (chrysanthème, cotonéaster, pivoine, rhododendron, tomate…) à éviter.

Benoit Charbonneau
Jardin

Multiplier les hostas

L'hosta est l'une des plantes d'ornement les plus adaptées aux expositions ombragées qu'elle sublime de son beau feuillage nervuré, qu'il soit vert, doré, presque bleu ou panaché, selon les variétés.
Lire la suite
Multiplier les hostas
Jardin

Quand les feuilles mortes nous filent la trouille

Et si, pour une fois, le ramassage des feuilles mortes devenait la corvée la plus attendue de l'automne ? Avec ces sacs en plastique épais, imprimés de citrouilles menaçantes, de fantômes hilares et de zombies plus effrayés qu'eff...
Lire la suite
Quand les feuilles mortes nous filent la trouille
Jardin

Quand c'est l'eau qui flotte dans le bois

Qu'on le coupe et le fende soi-même ou qu'on se le fasse livrer, le bois de chauffage n'est jamais tout à fait sec. Alors, brûlera, brûlera pas ? Un seul juge de paix de cette question brûlante : l'humidimètre.
Lire la suite
Quand c'est l'eau qui flotte dans le bois