Jardin

La bouillie bordelaise

La bouillie bordelaise est le fongicide star des jardins. Autorisée en bio, elle participe pourtant à la pollution des sols et il vaudrait mieux en limiter l'usage autant que possible. Se dirige-t-on vers la fin de l'âge de cuivre ?

Bon vieux cuivre

La bouillie bordelaise est l'un des produits de traitement les plus anciens et les plus répandus dans les jardins. Utilisée depuis près de 150 ans, cette célèbre poudre bleue à base de sulfate de cuivre neutralisé avec de la chaux contient 20 % de cuivre métal. Diluée dans l'eau, on l'utilise comme traitement préventif contre un bon nombre de maladies cryptogamiques (mildiou, tavelure, moniliose, etc.). Elle n'est cependant pas totalement généraliste, et doit céder la place au soufre pour traiter l'oïdium ou la rouille. La bouillie est également un bactériostatique, c'est-à-dire qu'elle limite la prolifération des bactéries.

Des limites

Étant donné les doses utilisées, le cuivre contenu dans la bouillie bordelaise est peu nocif pour l'homme, les vertébrés ou les insectes. Il est en revanche très défavorable aux minuscules bactéries, invertébrés et champignons qui vivent dans le sol, en particulier les vers de terre. De plus n'étant pas lessivable, il s'accumule dans la terre, s'infiltre dans les nappes phréatiques et contribue à la pollution des sols aux métaux lourds.

L'avis du pro

Face à ces inconvénients, il est impératif de limiter les émissions en respectant les doses prescrites, mais aussi en allongeant la durée d'efficacité du produit, par l'adjonction d'un « mouillant » de type savon noir. Ne pulvérisez pas avec excès car vous augmenterez la quantité de cuivre tombant au sol. Le mieux serait de se passer de la bouillie en utilisant des fongicides naturels non polluants, comme la décoction de prêle ou le bicarbonate de soude, plus généralistes. Idéalement, il faudrait même ne plus utiliser de fongicides qui, par définition, sont nocifs aux mycorhizes, ces champignons qui vivent en symbiose avec les racines et qui sont si utiles à la survie des plantes.

Benoit Charbonneau
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