Ils sont devenus tellement communs dans nos jardins qu'on en oublie parfois que le dahlia, originaire d'Amérique du Sud, est une plante exotique. À ce titre, il craint le froid, ce qui implique de ne pas se risquer à le mettre en terre avant que le redoux printanier ne se soit durablement manifesté.
S'il est une fleur qui a fait les frais des hybridations débridées des horticulteurs au cours des siècles, n'en déplaise au rosier, c'est bien le dahlia. Rendez-vous compte, il en existe plus de cinquante mille variétés enregistrées par la très officielle et très british Royal Horticultural Society. On les classe, histoire de s'y retrouver, selon leur gabarit et la forme de leurs fleurs. Et c'est ainsi qu'en parlant de dahlia, on parle aussi géant et de nain, de cactus, d'anémone, de balle, de pompon, de camélia, de dentelle et de collerette. Difficile de s'y retrouver dans toutes ces appellations, d'autant que nous n'avons même pas encore parlé de la palette des couleurs, l'une des plus vaste qui soit au jardin.
Une valeur sûre
S'il ne brille pas par son originalité, le dahlia commun (Dahlia pinnata), et la quarantaine d'espèces qui lui sont rapprochées, reste une fleur de référence quand il s'agit de décorer le jardin. Même le plus blasé des paysagistes ne peut rester de marbre devant les possibilités de composition qu'il lui offre. En effet, le dahlia se décline dans toutes les tailles, du nain au géant, ce qui permet de le placer à tous les plans du jardin, du premier jusqu'au dernier. Mais il offre aussi de nombreuses formes de fleurs, discrètes ou tape-à-l'œil ainsi que de très nombreux coloris, incluant tous les dégradés, les liserés et les panachés possibles et imaginables.
Toutes sortes de fleurs
Des dahlias cactus dont la fleur semble épineuse, à celle parfaitement sphérique du dahlia balle, du très sage dahlia anémone à fleur simple au froufroutant dahlia dentelle à fleur double, difficile de les nommer tous. Libre à vous de choisir la ou les catégories que vous affectionnez le plus et de les mélanger à l'envi. Tous ces cultivars fleurissent du mois de juin jusqu'aux premières gelées, et ce d'autant plus que vous prendrez soin de tailler les fleurs fanées pour ne pas épuiser la plante. Attention toutefois de respecter les distances de plantation selon le gabarit qu'elle peut atteindre à maturité, car il est important que l'air circule entre les pieds afin de limiter les risques de maladie (oïdium, charbon…).
Gare aux vents
Le dahlia est une plante tubéreuse, dont les rhizomes charnus s'enterrent à une dizaine de centimètres du sol. Il est important de lui choisir un emplacement ensoleillé, si possible protégé des vents dominants, afin qu'il ne ploie pas sous l'effet des bourrasques. En effet, certains cultivars ont des fleurs tellement grosses qu'elles mettent en danger la survie de la plante à cause de leur énorme prise au vent. Pour éviter tout risque de basculement, ces géants doivent être solidement tuteurés.
De l'eau, mais pas trop
Il faut offrir au dahlia un sol meuble et surtout drainant car il n'aime pas que l'humidité stagnante vienne lui chatouiller les rhizomes. Aussi est-il conseillé d'ajouter au terreau de plantation au moins un tiers de gravier, de billes d'argile ou de pouzzolane. Cette aversion pour l'humidité n'exclut pas pour autant des besoins importants en eau durant l'été afin de soutenir les floraisons. Un paillage épais au pied de la plante permet de limiter l'évaporation de l'eau d'arrosage, tout en évitant la concurrence des herbes adventices.
Un hivernage à prévoir… ou pas
Selon les régions, il sera nécessaire de déterrer les bulbes avant l'hiver, pour ne pas qu'ils gèlent, et de les remiser à l'abri du froid, de la lumière et de l'humidité, dans le garage ou dans la cave, avant de les replanter au printemps.